Le droit individuel à la formation (DIF) a pour
objectif de permettre à tout salarié de se constituer un crédit d’heures
de formation de 20 heures par an, cumulable sur six ans dans la limite
de 120 heures. L’initiative d’utiliser les droits à formation ainsi
acquis appartient au salarié, mais la mise en oeuvre du DIF requiert
l’accord de l’employeur sur le choix de l’action de formation. La
formation a lieu hors du temps de travail sauf disposition
conventionnelle contraire ; elle est prise en charge par l’employeur
selon des modalités particulières.
Le DIF étant un droit reconnu au salarié, celui-ci est libre ou non de
l’utiliser. S’il décide de ne pas l’utiliser, il ne peut pas demander de
compensation financière à son employeur au titre des heures acquises et
non utilisées.
A savoir
Les conditions dans lesquelles les
fonctionnaires de l’Etat peuvent accéder au droit individuel à la
formation sont précisées par le décret n° 2007-1470 du 15 octobre 2007.(JO du 16)
Les salariés en contrat de travail à durée
indéterminée ayant au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise. Ce
droit leur est ouvert qu’ils soient employés à temps complet ou à temps
partiel. Dans ce dernier cas toutefois, la durée des droits acquis au
titre du DIF est calculée au prorata de leur durée de travail.
Pour le calcul des droits ouverts au titre du DIF, la période
d’absence du salarié pour un congé de maternité, d’adoption, de présence
parentale ou pour un congé parental d’éducation est intégralement prise
en compte.
Les salariés en contrat à durée déterminée (voir
ci-dessous « Dispositions spécifiques aux salariés en CDD »).
A combien d’heures de formation ouvre droit le DIF ?
Au titre du DIF, les salariés en contrat à durée indéterminée (CDI)
travaillant à temps complet ont droit, sauf dispositions
conventionnelles plus favorables, à 20 heures de formation minimum par
an. Ceux qui sont employés à temps partiel acquièrent un crédit d’heures
calculé au prorata de leur durée de travail. Ainsi, par exemple, un
travail à mi-temps ouvrira droit à 10 heures de formation par an.
Les droits acquis au titre du DIF peuvent ils se cumuler ?
Les salariés en contrat à durée indéterminée qui n’utilisent pas
leurs droits acquis au titre du DIF peuvent les cumuler d’une année sur
l’autre, dans les conditions suivantes :
pour les salariés à temps complet, le cumul peut
se faire sur six ans au maximum, sans pouvoir dépasser le plafond de 120
heures ;
pour les salariés à temps partiel, c’est le plafond
de 120 heures qui s’applique quel que soit le temps mis pour
l’atteindre. Ainsi, par exemple, un salarié travaillant à mi-temps qui
acquiert 10 heures par an au titre du DIF pourra cumuler ses droits sur
12 ans.
Un salarié à temps plein qui n’a pas
utilisé ses droits pendant 6 ans et qui a donc atteint le plafond de
120 heures ne peut plus, sauf dispositions conventionnelles plus
favorables, acquérir de droits à formation au titre du DIF.
Toute action de formation effectuée dans le cadre du DIF vient
s’imputer sur le capital acquis. Ainsi le salarié qui avait atteint le
plafond de 120 heures tombe à 80 s’il entreprend une formation de 40
heures. Il peut ensuite de nouveau acquérir des droits dans la limite de
120 heures.
L’employeur a l’obligation
d’informer chaque salarié, par écrit et annuellement, du total des
droits qu’il a acquis au titre du DIF.
Comment le DIF est-il mis en oeuvre ?
La mise en oeuvre du DIF relève de l’initiative du salarié, en accord
avec son employeur.
La demande du salarié La loi ne précise pas les modalités de la demande. En toute logique,
elle doit s’effectuer par écrit en indiquant les informations
nécessaires à l’employeur pour qu’il se prononce sur cette demande
(formation envisagée, durée…). Aucun délai n’est prévu par la loi pour
formuler la demande, mais le salarié doit s’y prendre suffisamment à
l’avance sachant que l’employeur dispose d’un délai d’un mois pour
répondre. D’ailleurs, des accords collectifs peuvent prévoir des délais
pour présenter cette demande.
La réponse de l’employeur L’employeur doit donner son accord sur le choix de l’action de
formation. Il dispose d’un délai d’un mois pour répondre au salarié qui a
sollicité son accord pour exercer son droit au titre du DIF. L’absence
de réponse dans ce délai vaut acceptation du choix de l’action de
formation proposée par le salarié.
Pour éviter toute contestation sur
les délais, il semble préférable que la demande du salarié s’effectue
par lettre recommandée avec accusé de réception.
Face au refus de l’employeur, le salarié ne dispose d’aucun recours
sauf celui de réitérer sa demande ultérieurement (il existe toutefois
des dispositions particulières en cas de rupture du contrat de travail,
voir ci-après). Si le désaccord persiste pendant deux exercices
successifs, le salarié peut déposer sa demande dans le cadre du congé
individuel de formation (CIF). L’organisme paritaire de gestion du CIF dont
relève l’entreprise doit alors examiner en priorité cette demande de
prise en charge sous réserve que la formation choisie par le salarié
corresponde aux priorités et aux critères fixés par cet organisme. En
cas d’acceptation, l’employeur est tenu de verser à cet organisme une
somme égale au montant de l’allocation de formation correspondant aux
droits acquis par l’intéressé au titre du DIF et aux frais de formation,
ceux-ci étant appliqués sur la base forfaitaire applicable aux contrats
de professionnalisation. La durée de la formation ainsi réalisée se
déduit du contingent d’heures de formation acquis au titre du DIF.
Le choix de la formation Des actions de formation prioritaires peuvent être définies par
accord collectif d’entreprise ou de branche ou par accord
interprofessionnel. Le salarié peut alors choisir une formation parmi
celles-ci, bien que ce ne soit pas une obligation.
A défaut d’un tel accord, les actions de formation accessibles au
titre du DIF sont les actions de promotion (celles permettant d’acquérir
une qualification plus élevée) ou d’acquisition, d’entretien ou de
perfectionnement des connaissances.
Le choix de l’action de formation
mise en oeuvre dans le cadre du DIF doit être arrêté par accord écrit du
salarié et de son employeur.
Comment se déroule la formation ?
La formation suivie dans le cadre du DIF se déroule en dehors du
temps de travail. Toutefois, une convention ou un accord collectif de
branche peut prévoir que l’action de formation aura lieu en partie sur
le temps de travail.
Pour les heures de formation effectuées en dehors de son temps de
travail, le salarié perçoit, de son employeur, une allocation de
formation égale à 50 % de sa rémunération nette de référence. Le salaire
horaire de référence pris en compte pour le calcul de cette allocation
s’obtient en divisant le total des rémunérations nettes versées au
salarié au cours des 12 derniers mois précédant le début de la formation
par le nombre total d’heures rémunérées au cours de ces mêmes 12
derniers mois. Des modalités particulières de calcul sont prévues pour
les salariés dont la durée de travail est fixée par une convention de
forfait en jours.
Si la formation a lieu en partie sur le temps de travail, la
rémunération du salarié est maintenue normalement pour les heures
passées à se former.
Pendant la durée de sa formation
(pendant ou hors temps de travail), le salarié bénéficie de la
législation sur les accidents de travail et les maladies
professionnelles.
Qui prend en charge les frais de formation ?
Les frais de formation, ainsi que l’allocation de formation, sont à
la charge de l’employeur, ce dernier pouvant les imputer sur sa
participation au développement de la formation continue.
Que deviennent les droits acquis lors de la rupture du contrat de
travail (« portabilité » du DIF) ?
Les dispositions applicables ont été modifiées, en dernier lieu, par
la loi du 24 novembre 2009 citée en référence.
Utilisation du DIF pendant le préavis
En cas de licenciement non consécutif à une faute lourde, et si le
salarié en fait la demande avant la fin du préavis, la somme
correspondant au solde du nombre d’heures acquises au titre du DIF et
non utilisées, multiplié par le montant forfaitaire visé au deuxième
alinéa de l’article L. 6332-14 du Code du travail (soit, actuellement,
9,15 €), permet de financer tout ou partie d’une action de bilan de
compétences, de validation des acquis de l’expérience ou de formation.
A défaut d’une telle demande, la somme n’est pas due par
l’employeur.
Lorsque l’action mentionnée ci-dessus est réalisée pendant l’exercice
du préavis, elle se déroule pendant le temps de travail.
Dans un souci de bonne information
des salariés, l’employeur est tenu de mentionner, dans la lettre de
licenciement, les droits que ce dernier a acquis au titre du DIF et la
possibilité de demander, pendant le préavis, à bénéficier d’une action
de bilan de compétences, de VAE ou de formation. Le cas échéant, la
lettre doit mentionner les dispositions spécifiques applicables en cas
d’adhésion à une convention de reclassement personnalisé.
Par ailleurs, le certificat de travail remis au salarié à l’occasion de
la rupture de son contrat de travail doit désormais comporter certaines
mentions relatives aux droits à DIF acquis par le salarié
Utilisation du DIF après la cessation du contrat de travail
En cas de rupture du contrat de travail non consécutive à une faute
lourde ou d’échéance à terme du contrat de travail qui ouvrent droit à
une prise en charge par le régime d’assurance chômage (licenciement,
démission considérée comme « légitime » par l’Assurance chômage, rupture
conventionnelle du CDI dans le cadre de l’article L. 1237-11 du code du
travail, fin de CDD, etc.), la somme correspondant au solde du nombre
d’heures acquises au titre du DIF et non utilisées multiplié par le
montant forfaitaire visé au deuxième alinéa de l’article L. 6332-14 du
code du travail (soit, actuellement, 9,15 €), est utilisée, selon le
cas, soit auprès du nouvel employeur, soit pendant la période de
chômage.
Utilisation chez le nouvel employeur Lorsque le salarié en fait la demande auprès d’un nouvel employeur,
au cours des 2 années suivant son embauche, la somme permet de financer
soit, après accord de l’employeur, tout ou partie d’une action de bilan
de compétences, de VAE ou de formation, soit, sans l’accord de
l’employeur, tout ou partie d’une action de bilan de compétences, de VAE
ou de formation relevant des priorités définies par accord de branche
ou d’entreprise. Lorsque le salarié et l’employeur sont en désaccord,
l’action se déroule hors temps de travail et l’allocation de formation
(visée à l’article L. 6321-10 du code du travail) n’est pas due par
l’employeur.
Le paiement de la somme est assuré par l’OPCA dont relève
l’entreprise dans laquelle le salarié est embauché. Cette somme est
imputée au titre de la section " professionnalisation ", sauf
dispositions spécifiques prévues par accord de branche ou accord
collectif conclu entre les organisations d’employeurs et de salariés
signataires d’un accord constitutif d’un organisme collecteur paritaire
agréé interprofessionnel.
Utilisation pendant la période de chômage Lorsque le demandeur d’emploi en fait la demande, la somme acquise
au titre du DIF et non utilisée permet de financer tout ou partie d’une
action de bilan de compétences, de VAE ou de formation. La mobilisation
de cette somme a lieu en priorité pendant la période de prise en charge
de l’intéressé par le régime d’assurance chômage. Elle se fait après
avis du référent chargé de l’accompagnement de l’intéressé.
Le paiement de la somme est assuré par l’OPCA dont relève la dernière
entreprise dans laquelle il a acquis des droits. Elle est imputée au
titre de la section « professionnalisation », sauf dispositions
spécifiques prévues par accord de branche ou accord collectif conclu
entre les organisations d’employeurs et de salariés signataires d’un
accord constitutif d’un organisme collecteur paritaire agréé
interprofessionnel.
En cas de démission
Le salarié peut demander à bénéficier de son DIF, à condition que
l’action de formation, de bilan de compétences ou de VAE soit engagée
avant la fin du préavis.
En cas de départ à la retraite
En cas de départ à la retraite, le salarié ne peut bénéficier de ses
droits acquis au titre du DIF.
Quelles sont les dispositions spécifiques aux salariés en CDD ?
Les salariés en CDD peuvent bénéficier du DIF à condition d’avoir
travaillé au moins 4 mois (consécutifs ou non) en CDD, dans les 12
derniers mois. Il n’est pas obligatoire que l’ancienneté ait été acquise
au titre du même contrat.
Pour ces salariés :
le volume d’heures acquis au titre du DIF est
calculé au prorata de la durée de leur contrat (à condition qu’ils
justifient d’une durée de travail en CDD d’au moins 4 mois dans les 12
derniers mois). Par exemple, un CDD de six mois ouvrira droit à 10
heures de formation au titre du DIF. Si le salarié travaille à temps
partiel, il convient d’effectuer une double proratisation en fonction de
la durée de son contrat et de son temps de travail. Par exemple, un CDD
de six mois à mi-temps ouvrira droit à 5 heures de formation au titre
du DIF ;
les frais de formation, de transport et d’hébergement,
ainsi que l’allocation de formation due à ces salariés sont pris en
charge par l’organisme paritaire agréé qui perçoit de l’employeur la
contribution 1 % destinée au financement du congé individuel de
formation des salariés en CDD.
Pour le reste, le DIF est mis en oeuvre dans les mêmes conditions que
celles prévues pour les salariés en contrat à durée indéterminée :
choix de l’action de formation, demande du salarié, réponse de
l’employeur, déroulement de la formation, rémunération…
L’employeur est tenu d’informer les
salariés en CDD de leurs droits au titre du DIF.